JOURNEE DU LUNDI

Le lundi débute par une matinée rocambolesque. Très tôt le matin, les sociétés se reconstituent.

Les confettis, les farces, les jeux se mêlent aux oranges. Vers midi, c'est l'instant des apéritifs. Endimanchés, les spectateurs vont d'une société à l'autre saluer leurs amis.

 

Un dîner tardif en famille apporte un bon repos. Les Gilles y retrouvent leurs enfants, les grands-mères et les premiers commentaires vont bon train. L'après-midi est entièrement consacrée au cortège. Derrière Djobri et Djobrette, les deux géants de la ville, derrière les Paysans, les sociétés de Gilles vont défiler pour le plus grand plaisir de leur public.

Pendant des heures, au rythme des airs traditionnels, le cortège va rejoindre le centre ville pour se disloquer . Les chapeaux disparaissent . Chaque société organise son rondeau final.

Les musiciens laissent les tambours pour le grand chambardement de l'année. C'est avec elle que les Gilles s'unissent et c'est avec elle qu'ils retrouvent leurs plus fervents supporters.

La nuit, voici un autre élément essentiel du symbolisme carnavalesque. Elle favorise les complicités,

elle se joue des rumeurs, elle prolonge les sensations. Une ambiance particulière s 'en dégage, surréaliste, parfois blafarde. La nuit carnavalesque favorise les intrigues, elle enfante les petits évènements qui feront les anecdotes du lendemain. Elle instrumente les acteurs pour alimenter les sourires et les rires des jours à venir.

Quelques feux de bengale projettent les ombres sur les façades embrumées.

Les tambours maintiennent le rythme jusqu'au petit matin.

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