JOURNEE DU MARDI

Une dernière fois, les musiciens rejoignent les tambours. Bon pied, bon œil, fidèles au poste,

toujours présents pour nous entraîner dans les danses des vingt-deux airs traditionnels.

Au gré d'un parcours savamment organisé, les sociétés se dirigent lentement, jusqu'au soir, vers les brûlages de bosses. Un mannequin de Gille est suspendu au-dessus d'un gigantesque feu de paille avant d'y être sacrifié. Ainsi, chaque année, le Gille peut renaître de ses propres cendres. Tantôt agenouillés et attristés, tantôt debouts et joyeux, les Gilles expriment leurs regrets et leurs espoirs.

La musique interprète des tempos émouvants, le feu crépite et sacralise les ombres. Le public est ému. Son silence est impressionnant. Il n'est interrompu que par un grand cri de désappointement lorsque les tambours, pour quelques instants de repos, cessent de jouer

.

Qui n'a jamais assisté à ce cérémonial, qui n'a jamais consacré un peu de son temps pour communier avec les Gilles en ce mardi soir, ne peut bien comprendre la véritable motivation des fêtes carnavalesques.

Le carnaval se meurt…Vive le carnaval…

De café en café, avec les Gilles, pour une dernière nuit, les tambours vont reprendre la maîtrise du pavé jusqu'aux premières lueurs du jour.