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LES
SOUMONCES
Après
l'intimité des répétitions de batterie, deux soumonces
vont se succéder dans les frimas de janvier ou de février
suivant les aléas du calendrier lithurgique.
Seuls
les connaisseurs accordent une réelle importance aux
soumonces. Ils en apprécient le symbolisme et en reconnaissent
la nécessité. Dans l'histoire de la naissance du Gille,
les soumonces sont les bases de sa genèse. Au sein des
sociétés, il faut distinguer des petits groupes d'amis,
de sensibilité et d'utilité différentes. Ce sont les
cagnottes et les ramassages. C'est là que se situe toute
l'âme du carnaval. Nul spectateur, étranger à cette
magie de l'amitié et de l'organisation scrupuleuse ne
peut comprendre l'harmonie qui se dégage lorsque, de
maison en maison, de café en café, les petits groupes
s'unissent pour constituer une société. Ils resteront
unis jusqu'au rondeau final.
Tout
autant que le Gille magnifique des trois jours du Laetare,
celui qui s'élance pour une après-midi et une nuit de
soumonce , appartient au patrimoine festif du Hainaut.
On
distingue deux soumonces : les soumonces en batterie
et les soumonces en musique. L'une et l'autre nous rapprochent
de l'intensité suprême du cycle carnavalesque. Vêtus
du simple sarrau du paysan hennuyer, en sabots et ceints
de l'apertintaille, les Gilles perpétuent une tradition
vieille de plusieurs siècles.
Ne
vous y trompez pas, dans leur cœur le mot soumonce a
autant d'importance, sinon plus, que le mot carnaval.
Son mystère réside dans sa compréhension, dans sa phonétique
: c'est un appel, un rappel, une invitation.
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